Actus Jazz

Décés de Maxime Saury

Le clarinettiste, chef d’orchestre et arrangeur Maxim Saury s’est éteint la nuit dernière à l’âge de 84 ans à l’hôpital Ambroise-Paré de Boulogne-Billancourt. Né à Enghien-les-Bains (Val d’Oise), son style New Orleans à la fois volubile et élégant avait fait les belles heures de Saint Germain des Près dans les années 1950 et 1960. Le nom de Maxim Saury était également attaché au Caveau de la Huchette où il avait joué presque sans relâche jusqu’en 1967 avant d’effectuer, un an plus tard, un séjour aux Etats-Unis où il avait accompagné le clarinettiste Barney Bigard… Maxim Saury était revenu aux Etats-Unis en 1970 pour représenter, avec Claude Luter, le jazz français à l’occasion du 70eme anniversaire de Louis Armstrong. Il était par ailleurs apparu dans plusieurs films, notamment dans « Adieu Philippine », de Jacques Rozier. Maxim Saury était le père de la batteuse Julie Saury.

China Moses présente « Crazy Blues » !

Après un premier album en hommage à Dinah Washington, China Moses a choisi de rendre hommage aux autres ladies du jazz et de la soul.
Dans son nouvel opus intitulé « Crazy Blues », la chanteuse accompagnée de son pianiste Raphael Lemmonier interprète les grands classiques d’Etta James, Nina Simone, Janis Joplin ou encore Donna Summer.
L’album qui sort chez Universal Music Classic & Jazz sera disponible à partir de 5 novembre prochain. La fille de Dee Dee Bridgewater présentera par la suite ses nouvelles reprises très jazz & soul sur la scène de la Cigale le 10 décembre 2012.

 

André Ceccarelli sort son disque « ultimo »…

50 ans de carrière, pour le batteur français André Ceccarelli, une épopée jazz qui l’a conduit à jouer avec les plus grands. Il a commencé à Paris avec Les Chats Sauvages et Eddie Mitchell, a côtoyé les meilleurs : Dexter Gordon, Stan Getz, Claude Nougaro, les Breckers Brothers, Dee Dee Bridgewater, Tina Turner, Michel Portal, Eric Le Lann, Didier Lockwood, Daniel Humair…la liste est trop longue.
Le virtuose a donc décidé de sortir son dernier opus en tant que leader, le bien nommé « Ultimo« . Une ultime aventure discographique pour laquelle il a convié ses fidèles compagnons Pierre-Alain Goualch, Diego Imbert, son fils Régis (batteur qui chante pour la première fois) et invité une pleïade d’amis Richard Bona, David Linx, Alex Ligertwood, Amy Keys.
Ce projet ambitieux et réussi est à contre courant de tout ce qu’il a sorti sous son nom; un disque de chanson avec un orchestre classique où l’improvisation jazz se mêle à l’écriture classique.
Une merveille à découvrir le 5 novembre chez votre disquaire et sur la scène du Théâtre du Châtelet (Paris) avec un orchestre philharmonique le 28 janvier 2013.

Nouveau disque en vue pour Ibrahim Maalouf

Tournant artistique en vue pour Ibrahim Maalouf. Auréolé du succès de « Diagnostic », sorti il y a tout juste un an, le trompettiste change de braquet avec « Wind », son 4ème album qui sortira le 6 novembre sur le label Mi’ster Productions… Ibrahim Maalouf a opté cette fois-ci pour une démarche plus collective et sans doute aussi plus ancrée dans le jazz pur et dur avec notamment, à ses côtés, Mark Turner au saxophone, Larry Grenadier à la contrebasse et Clarence Penn à la batterie…

Prières pour le jazz…

Pour ceux qui en doutaient encore, le jazz est une véritable religion.. La preuve avec la sortie, le 8 octobre, aux éditions Jade, d’un album intitulé « Les plus belles prières du jazz »… Au programme, quelques grands classiques du Negro Spiritual par Louis Armstrong et Mahalia Jackson, mais aussi de grandes chanteuses au service du répertoire sacré (Dinah Washington dans « The Lord’s Prayer », Ella Fitzgerald dans « Hallelujah »)… On pourra également y entendre quelques enregistrements rares comme par exemple la plainte languissante de Ray Charles dans « Sinner’s Prayer » ainsi que Billie Holiday dans l’émouvant « God Bless The Child »

China Moses, The Lady

Elle passe du jazz au rock métal sans complexe. China Moses aime envoyer valser les étiquettes et joue sur tous les tableaux avec un plaisir non feint. La chanteuse, qui officiait cette saison aux côtés de Michel Denisot dans Le Grand journal sur Canal +, a hérité du caractère de sa mère, Dee Dee Bridgewater. Et de sa voix. Profonde, rauque, chaude. Elle traverse les styles avec aisance et s’est entichée depuis quelques années des grandes chanteuses qui ont marqué l’histoire du jazz. Après un album dédié à Dinah Washington, la jeune femme prépare un nouveau disque, consacré à ces jazzwomen historiques, de Billie Holiday à Bessie Smith, en passant par Peggy Lee. «Toutes ces femmes m’ont influencée, m’ont nourrie, raconte China Moses. Lorsque nous avons monté le projet dédié à Dinah Washington, avec le pianiste Raphaël Lemonnier, je me suis rendue compte que j’aimais raconter des histoires, mêler musique et paroles». Sur scène, la chanteuse parle donc de celles qui l’ont précédée, mêlant la petite histoire à la grande. «Ce côté entertainer, je le tiens de ma mère, raconte-t-elle. J’ai beaucoup voyagé à ses côtés et elle a été mon premier exemple».

Omar Sosa-Paolo Fresu Musiciens de l’âme

Un océan et plus de 8 000 kilomètres les séparent. Un Cubain de Camaguey, un Sarde de Berchidda. Ils étaient faits pour se rencontrer. Deux insulaires viscéralement tournés vers le monde. Ces deux-là vont puiser ailleurs leur inspiration.

Omar Sosa, le Cubain, est pianiste mais a commencé après son éducation musicale comme percussionniste. Il s’inspire de l’immense patrimoine musical de son île, mais plus généralement des rythmes afro caraibéens et de la musique urbaine comme du hip-hop.

Paolo Fresu le Sarde est trompettiste et bugliste, influencé par Chet Baker et Miles Davis. Tous les deux, musiciens prolifiques. Des dizaines de disques et des centaines de collaborations.

C’est sur la route, celle des tournées, qu’Omar et Paolo ont fini par se percuter. Par hasard dans un festival européen qui les programmait. Quelque temps plus tard, en 2006 Omar Sosa invite Paolo Fresu à partager la scène à Hambourg. De cette collaboration magique, naîtront deux albums : un live en 2006 et «Alma», petit bijou sorti cette année qui sera le fil rouge de leur concert de ce soir à l’Astrada.

Sur «Alma», le dernier d’entre eux, le pianiste et le trompettiste ont choisi de faire appel au violoncelliste et arrangeur brésilien Jaques Morelenbaum, compagnon de route du célèbre pianiste Antonio Carlos Jobim. En résultent quatre compositions très réussies (S’inguldu, Alma, Crepusculo). Ce soir, Morelenbaum ne sera pas là. Une histoire de maisons de disques qui n’est pas encore tombée d’accord. Mais les deux artistes d’Alma (l’âme en espagnol) qui conversent dans la langue de Cervantes (l’espagnol est très parlé en Sardaigne) «Nous avons un très bon feeling quand on joue avec Paulo. Lui et moi avons des racines différentes, mais nous jouons avec la même âme.»

La délicatesse des interprétations de Fresu et Sosa, leur complicité, la richesse de leur jeu donnent à l’écoute une impression de danse dans leurs échanges musicaux. Une danse à l’âme latino-méditerranéenne.

Jacky Terrasson ne se mélange pas les pinceaux

Une touche de Lennon, une pointe de Satie, un soupçon de Sonny Rollins : avec Gouache, le pianiste Jacky Terrasson révèle l’étendue de sa palette.

Justin Bieber (Baby), Eric Satie, Amy Winehouse (Rehab), John Lennon, Sonny Rollins (Valse hot), Henri Betti (C’est si bon) ont ceci de commun qu’ils colorent la palette très diversifiée de Jacky Terrasson pour Gouache. Le pianiste aurait pu aussi appeler son CD Happiness (la piste 8, qui émerveille), comme d’ailleurs l’ensemble de son oeuvre à ce jour (douze albums, depuis 1994), animée par cette idée qui reste neuve en Europe, le bonheur (Saint-Just, 1794). Des bonheurs, il y en a beaucoup, de l’espèce saudade, frangée de tristesse, à l’espèce euphorique, respiration qui vous vient naturellement quand le coeur s’accorde au rythme de la marche, de la foulée joyeuse, aisée, quand bien même on sait qu’il faut, pour y arriver, des années de travail et de maturation.

Doit-il à sa vie aérienne entre New York et Paris ce phrasé à rebondissements dans le groove qui le caractérise ? Pour relancer son imagination, il a trouvé en ses jeunes compagnons Burniss Travis (le bassiste, acoustique et électrique) et Justin Faulkner (le drummer) les meilleurs partenaires depuis ceux de son trio déjà historique avec Ugonna Okegwo et Leon Parker. La liberté aussi de se livrer à son lyrisme pianistique, d’injecter de la wa-wa coquine au Fender Rhodes, de musarder en chanson avec une nouvelle venue, Cécile McLorin (Je te veux, de Satie, et Oh my love, de Lennon), et d’inviter les percussions enjouées de Minino Garay, la trompette éclatante de Stéphane Belmondo (Mother, avec accords cycliques à la Carla Bley), les clarinettes étonnées de Michel Portal (Try to catch me). La cuvée Terrasson 2012 a de quoi rester mémorable.

Ibrahim Maalouf au festival de Carcassonne

Ibrahim Maalouf est né sous une bonne étoile. Son héritage est exceptionnel. Il est le fils du trompettiste Nassim Maalouf-inventeur de la trompette à quarts de ton – et de la pianiste Nada Maalouf, neveu de l’écrivain Amin Maalouf. Le jeune (32 ans) Libano-français Ibrahim Maalouf est un surdoué : pas un concours de trompette classique au monde ne lui a échappé. Un curriculum insolent (1) et des collaborations déjà pléthoriques : il a joué pour Matthieu Chedid, Arthur H., Lhasa, Vincent Delerm, Talvin Singh, Amadou & Mariam, Sting, Moustaki, Paradis… Pour le concert de Carcassonne Ibrahim et ses musiciens égrainent les titres de ses albums principalement ceux du dernier album : Diagnostic sorti en 2011 et dont ils interprètent aussi le titre phare. Entre tous ces morceaux, Ibrahim parle, avec humour, de ses névroses et présente ses titres inspirés, d’après lui, par ses obsessions et la schizophrénie. C’est un Jazz contemporain accessible et pas élitiste pour un sou, mélodique diraient certains. Ibrahim Maalouf a offert un concert jazzy et complice. Frissons lors de son interprétation de Beyrouth, morceau dont il a auparavant expliqué l’émouvante genèse.

Plus de photos du concert sur :
http://jmc-photoblog.com/category/photos-jazz/divers/

Avishai Cohen Duende, nouvel album !

Duende. L’âme en espagnol, ce sentiment indéfinissable qu’aime tant le contrebassiste et compositeur Avishai Cohen. « Le mot en lui-même sonne merveilleusement. C’est un feeling essentiel qui éclaire la musique !« .
Duende, pour un duo basse-piano avec Nitai Hershokovits, un dialogue quasi-télépathique entre deux complices. »A deux, vous pouvez sonner plus large, en ayant plus d’espace. J’ai le sentiment que ce disque offre un horizon plus vaste que tout ce que j’ai pu faire précédemment.« 

Quelques standards revisités, quelques anciens thèmes à lui transfigurés et quatre nouvelles compositions inspirées. Au total trente-cinq minutes de musique. »Avec le jazz tout particulièrement, plus vous vieillissez, plus votre propos se précise. Vous jouez moins fort moins de notes mais votre parole porte plus. Nous avons livré ici nos expressions, sans artefact ni virtuosité. Parler avec son coeur, pas ses doigts.«